
BÂLE-MULHOUSE – La Direction générale de l’aviation civile (DGAC) française et la Confédération helvétique ont officiellement donné leur feu vert au projet d’extension et de modernisation du terminal (EMT). Financé sur fonds propres, ce chantier historique débutera à l’horizon 2027.
C’est le coup d’envoi d’une transformation radicale pour l’aéroport binational de Bâle-Mulhouse-Fribourg. Après avoir franchi le cap historique des 9,6 millions de passagers annuels en 2025, la direction de la plateforme aéroportuaire a obtenu, le 27 octobre dernier, les validations réglementaires nécessaires des autorités françaises et suisses pour lancer son grand projet « Extension et Modernisation du Terminal » (EMT).
Un investissement colossal de plus de 157 millions d’euros, intégralement autofinancé par l’établissement public sans recours aux subventions étatiques, qui vise à adapter l’infrastructure aux exigences de confort et de sécurité du XXIe siècle.
Un nouveau cœur de 14’000 m²
Le projet s’articule autour de la construction d’un nouveau bâtiment d’environ 14’000 m² qui viendra s’adosser à la façade est du terminal actuel, côté ville. Parallèlement, une enveloppe de 15’000 m² de structures existantes sera entièrement restructurée.
L’objectif principal est de fluidifier le parcours du voyageur, aujourd’hui contraint par des infrastructures vieillissantes. La modification majeure réside dans la centralisation et le regroupement des postes de contrôle de sûreté au sein de la nouvelle extension. Ce réaménagement permettra de libérer de larges espaces dans l’aérogare actuelle, qui seront reconfigurés pour moderniser l’offre de restauration, les zones d’attente et les commerces de détail.
Cap sur la haute performance environnementale
Face aux enjeux climatiques, les décideurs de l’EuroAirport ont tenu à verdir la copie de ce chantier d’envergure. Le futur bâtiment vise l’ambitieuse certification environnementale BREEAM au niveau « Excellent ». L’accent sera mis sur la performance thermique, l’utilisation de matériaux durables et l’optimisation des flux énergétiques.
La direction de l’aéroport insiste par ailleurs sur un point crucial : ce projet, dit « Landside » (côté ville), n’a pas pour but d’augmenter le nombre de pistes ou de postes de stationnement pour les avions. Il s’agit de mieux accueillir le flux actuel de passagers et non de programmer une hausse drastique du trafic aérien à court terme.
Mise en service échelonnée dès 2030
Ce feu vert officiel marque le début d’une phase préparatoire de près d’un an et demi. Si le calendrier est respecté, les premiers coups de pioche retentiront au troisième trimestre de l’année 2027.
Les passagers devront toutefois s’armer d’un peu de patience avant de découvrir le nouveau visage de l’EuroAirport. Les travaux, menés en site occupé pour ne pas perturber l’exploitation quotidienne de la plateforme, s’étaleront sur plusieurs années. Une mise en service progressive des différents espaces est programmée entre 2030 et la fin de l’année 2031, date à laquelle le terminal connecté devrait tourner à plein régime.
Après la rénovation réussie de sa piste principale au printemps dernier, l’EuroAirport confirme ainsi sa trajectoire de modernisation pour consolider son statut de hub incontournable de la région des Trois Frontières.
