
Les cyclistes suisses dressent un constat contrasté de leurs villes. Dans son nouveau baromètre national, PRO VELO Suisse met en lumière des écarts importants entre les agglomérations, notamment entre Bâle et Genève. Si Bâle apparaît comme l’une des villes les plus avancées du pays en matière de mobilité cyclable, Genève continue d’être jugée sévèrement par de nombreux usagers.
L’enquête, réalisée auprès de milliers de cyclistes dans toute la Suisse, montre que Bâle bénéficie d’une image globalement positive. Les participants saluent un réseau relativement dense, une place importante accordée au vélo dans l’espace public et des infrastructures mieux intégrées que dans beaucoup d’autres grandes villes. La culture cyclable y est ancienne et les autorités ont multiplié ces dernières années les aménagements dédiés : axes prioritaires, stationnements, mesures de réduction du trafic automobile ou encore développement des connexions transfrontalières.
Mais même à Bâle, les critiques persistent. Les usagers demandent davantage de continuité entre les différents itinéraires et dénoncent certains points noirs, notamment aux grands carrefours ou dans les zones où vélos et tramways doivent partager l’espace.
Genève pire ville suisse pour les cyclistes
À Genève, le ton est nettement plus sévère. Malgré plusieurs projets lancés depuis la pandémie et la création de nouvelles pistes cyclables, beaucoup de répondants jugent les infrastructures insuffisantes et mal sécurisées. Les critiques portent surtout sur le caractère fragmenté du réseau, les interruptions fréquentes des pistes et la difficulté de circuler dans un trafic automobile dense.
Les cyclistes genevois évoquent aussi un manque de lisibilité des itinéraires et des conflits réguliers avec voitures, bus ou piétons. Dans certains quartiers centraux, l’espace disponible reste limité, ce qui complique la création de véritables axes sécurisés.
Pour PRO VELO Suisse, ce contraste illustre deux rythmes différents dans le développement des politiques cyclables urbaines. Alors que Bâle semble entrer dans une phase d’amélioration qualitative de son réseau, Genève reste confrontée à des débats plus fondamentaux sur le partage de l’espace public et la place de la voiture en ville.
L’association estime toutefois que les attentes augmentent partout en Suisse. Avec la progression du vélo dans les déplacements quotidiens, les usagers ne réclament plus seulement quelques pistes supplémentaires, mais des réseaux cohérents, continus et réellement sécurisés.
Le sujet est devenu d’autant plus important depuis l’entrée en vigueur de la loi fédérale sur les voies cyclables, qui oblige désormais cantons et communes à planifier des infrastructures adaptées dans les prochaines années.
Au-delà du classement entre villes, le baromètre montre surtout une évolution profonde des habitudes de mobilité : le vélo s’impose progressivement comme un mode de transport central dans les grandes agglomérations suisses — et les citoyens attendent désormais que les infrastructures suivent.
