
Longtemps considérée comme la ville suisse la plus favorable au vélo, Bâle entend encore renforcer cette position. Entre nouvelles infrastructures, aménagements urbains et grands projets de mobilité, le canton mise plus que jamais sur la bicyclette pour répondre aux défis climatiques, urbains et de qualité de vie.
À Bâle, le vélo fait désormais partie du paysage quotidien. Chaque jour, des dizaines de milliers d’habitants traversent la ville à bicyclette pour se rendre au travail, à l’école ou pour leurs loisirs. Avec un réseau relativement compact, un relief favorable et une forte culture des mobilités douces, la cité rhénane figure depuis plusieurs années parmi les villes les plus cyclables de Suisse.
Pour les autorités bâloises, l’objectif est désormais clair : faire du vélo un moyen de transport encore plus attractif et plus sûr afin d’accompagner la croissance urbaine tout en limitant la congestion routière et les émissions de CO₂.
Le canton rappelle qu’environ un tiers des déplacements effectués à Bâle concernent déjà la mobilité douce, c’est-à-dire la marche et le vélo. Cette part devrait encore augmenter dans les prochaines années grâce à une série d’investissements destinés à améliorer les conditions de circulation des cyclistes.
Parmi les mesures mises en œuvre figurent la création de nouvelles pistes cyclables, l’aménagement de liaisons plus directes entre les quartiers, la sécurisation des grands carrefours et l’augmentation du nombre de places de stationnement pour vélos. Une attention particulière est également portée aux itinéraires reliant le centre-ville aux communes voisines de Bâle-Campagne ainsi qu’aux connexions transfrontalières avec la France et l’Allemagne.
Le développement du vélo s’inscrit dans une transformation plus large de l’espace public. Ces dernières années, Bâle a multiplié les zones de rencontre limitées à 20 km/h, les projets pilotes de superblocks inspirés de Barcelone et les réaménagements de rues visant à réduire le trafic de transit dans les quartiers résidentiels. L’objectif est de créer un environnement plus sûr et plus agréable pour les déplacements actifs.
Cette stratégie répond également à des enjeux de santé publique et de lutte contre le changement climatique. Les autorités cantonales soulignent que le vélo constitue l’un des moyens les plus efficaces pour réduire les émissions liées aux déplacements urbains tout en favorisant l’activité physique quotidienne.
Mais la politique cyclable bâloise ne fait pas l’unanimité. Comme dans de nombreuses villes européennes, certains commerçants et automobilistes s’inquiètent de la réduction progressive de l’espace consacré à la voiture, de la suppression de places de stationnement ou des modifications de circulation induites par certains projets d’aménagement.
Le débat s’est récemment ravivé après la publication du baromètre national du vélo de Pro Velo. Si Bâle reste l’une des villes suisses les mieux classées pour la pratique cyclable, les usagers pointent encore plusieurs insuffisances, notamment en matière de sécurité sur certains axes structurants, de continuité des itinéraires et de cohabitation avec le trafic motorisé.
Le canton entend répondre à ces critiques à travers son nouveau plan directeur vélo actuellement en consultation. Celui-ci prévoit de renforcer les infrastructures existantes et de développer un réseau plus cohérent à l’échelle de l’agglomération bâloise.
À plus long terme, les autorités voient dans le vélo un élément central de la mobilité de demain. Avec l’essor attendu du RER trinational, le développement des transports publics et la transformation de plusieurs quartiers comme Klybeck ou Dreispitz, la bicyclette est appelée à jouer un rôle croissant dans les déplacements du quotidien.
Dans une métropole située au carrefour de la Suisse, de la France et de l’Allemagne, où les questions de mobilité dépassent largement les frontières cantonales et nationales, Bâle entend ainsi confirmer son statut de laboratoire européen des mobilités durables. Plus qu’un simple moyen de transport, le vélo y apparaît désormais comme un véritable outil d’aménagement urbain.
