
ANNEMASSE — Il faudra patienter un peu plus longtemps avant de voir le tram circuler jusqu’au Perrier. Alors que la mise en service du prolongement du tramway d’Annemasse était attendue pour la rentrée 2026, le calendrier devrait être repoussé de plusieurs semaines, conséquence indirecte du sommet du G7 organisé à Évian-les-Bains du 15 au 17 juin.
Selon les informations évoquées lors du dernier conseil communautaire d’Annemasse Agglo, la date du 1er septembre, envisagée pour la mise en circulation du second tronçon du tram, ne pourra vraisemblablement pas être tenue. En cause : les importantes contraintes logistiques et sécuritaires liées au G7, qui mobiliseront les forces de l’ordre, perturberont les déplacements régionaux et compliqueront certaines opérations techniques nécessaires à la finalisation du projet.
Ce décalage reste toutefois présenté comme limité. L’objectif demeure une ouverture à l’automne 2026, après la phase d’essais techniques et de « marche à blanc » indispensable avant l’accueil des voyageurs. Pour un tramway, plusieurs mois sont nécessaires afin de tester la signalisation, les systèmes de sécurité, l’alimentation électrique et la coordination avec l’exploitation du réseau.
Le chantier concerne la deuxième phase du prolongement de la ligne 17 des Transports publics genevois, déjà en service entre Genève, Gaillard, Ambilly et le terminus actuel du Parc Montessuit à Annemasse. Inaugurée en 2019, la ligne transfrontalière relie aujourd’hui le centre d’Annemasse à Genève en environ 25 minutes et transporte plus de 11 000 voyageurs par jour, un succès qui a accéléré la décision d’étendre le tracé.
La nouvelle section doit prolonger le tram sur 1,2 kilomètre à travers le cœur urbain d’Annemasse jusqu’au quartier du Perrier. Trois nouvelles stations sont prévues : Place Deffaugt, au centre-ville et en connexion avec plusieurs lignes de bus ; Henri-Barbusse, au niveau de la place de l’Étoile ; et Perrier-Aubrac, près du lycée des Glières, où un parking relais de 200 places est également programmé. À terme, le réseau comptera sept stations côté savoyard.
Au-delà du transport, ce prolongement s’inscrit dans un projet plus vaste de transformation urbaine. Les travaux sont coordonnés avec la piétonnisation partielle du centre-ville et un réaménagement des espaces publics destinés à réduire la place de la voiture, renforcer les connexions avec le Léman Express et favoriser les mobilités dites « apaisées ». Les élus locaux présentent régulièrement ce chantier comme l’un des piliers de la recomposition du centre annemassien.
Le G7 d’Évian ajoute cependant un grain de sable inattendu dans une mécanique déjà complexe. Durant la mi-juin, les fortes restrictions de circulation attendues autour de Genève, du Chablais et des frontières franco-suisses risquent de compliquer les interventions techniques et les livraisons de chantier. À cela s’ajoute une mobilisation sécuritaire exceptionnelle dans tout le Grand Genève, susceptible d’affecter l’organisation des essais ou certaines opérations logistiques.
Pour les habitants, le retard ne devrait donc pas remettre en cause le projet, mais seulement en repousser légèrement l’arrivée. Une mauvaise nouvelle pour les usagers impatients de rejoindre plus rapidement le centre d’Annemasse en tram — mais un contretemps jugé temporaire dans un chantier présenté comme structurant pour les mobilités du Grand Genève.
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